Hiding the city Paris - meat factory, Liu Bolin©️

Je mange donc je suis

L’exposition Je mange donc je suis, au Musée de l’Homme à Paris, explore la place de la nourriture dans l’évolution de l’espèce humaine, la construction des cultures et des identités et les enjeux environnementaux de la production alimentaire industrielle.

Se nourrir n’a rien d’anodin. L’acte de manger est une fonction vitale qui, depuis l’apparition de l’être humain sur Terre, n’a cessé d’évoluer selon les conditions de ressources, les modes d’obtention de la nourriture, les outils, les modes de cuisson, les goûts, les rituels de repas, les habitudes prises, les interdits culturels ou religieux. Chasser, pêcher, cultiver ou acheter sa nourriture ne façonne pas la même identité. L’exposition Je mange donc je suis, au Musée de l’Homme à Paris, éclaire les différentes facettes biologiques, culturelles et écologiques des relations de l’être humain à ses nourritures.

Organisée en trois actes – Corps et nourritures/Cultures comestibles/Consommer la nature – l’exposition joliment muséographiée se nourrit des travaux de recherches menés par les scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle dans toutes les disciplines concernées par l’alimentation. Biologie, agronomie, gastronomie et manières de table, formation du goût, cultures culinaires, anthropologie, sociologie, sont convoquées selon une pédagogie accessible à tous, ponctuées d’interventions artistiques (Pilar Albarracin, Gilles Barbier, Liu Bolin, Lilian Bourgeat) et de nombreux dispositifs interactifs.

Le premier acte de l’exposition lie l’alimentation à l’évolution, notamment le rôle de la viande dans l’évolution physique de l’espèce humaine, s’interroge sur les nourritures féminines et masculines. La seconde partie nous plonge dans les cultures et pratiques culinaires, les représentations sacrées, la politique et l’art, car socialement et spirituellement, sous toutes les latitudes, nous sommes toujours un peu ce que l’on mange. À partir des enjeux environnementaux, énergétiques et sanitaires de la production de nourriture, la dernière partie de l’exposition brosse le paysage des impasses et solutions qui s’offrent au citoyen pour « bien manger » à l’avenir. Une formule que Christophe Lavelle, chercheur au Muséum et commissaire de l’exposition interroge « Bien manger, est ce que ça veut dire se faire plaisir, se faire du bien biologiquement, faire du bien à l’environnement, être bien éthiquement et socialement ? Pour satisfaire tout ces critères, il y a encore un peu de travail. »

Musée de l’Homme - 17 Place du Trocadéro - 75016 Paris
Jusqu’au 7 juin 2020 tous les jours de 11 h à 19 h, sauf les mardis.
Pour tous renseignements complémentaires : contact.mdh [at] mnhn.fr

 

 

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