photo Paol Gorneg/Skeudennou ©

Louis Cozan

 « Sans jamais manquer d’amour », Louis Cozan a mené une vie rude. Né à Ouessant en 1947 dans une famille très modeste, « nous vivions au Moyen-âge, c’était le cas de tout le monde sauf quelques bourgeois du bourg », il part travailler à 14 ans ayant perdu père et mère. Son père avait dérogé à la dynastie de ses aïeux gardiens de phare pour lui préférer la marine marchande. Marin rescapé du torpillage du Brazzaville par les Allemands en 1940, il ne survécu pas longtemps d’avoir baigné 18 heures dans le mazout. Puis, la maman emportée par la maladie laisse le petit Louis aux soins des grands-parents. Après avoir lui aussi tâté de la marine marchande sur un pétrolier, «  je travaillais pour BP, les Anglais nous traitaient comme du bétail », Louis Cozan opte pour le métier de gardien de phare. Après avoir veillé sur les feux d’une demi-douzaine de phares, il devint gardien titulaire au phare de Kéréon, en mer d’Iroise, le dernier construit en haute mer, mis en service en  1916 au bout de dix ans de construction. Et le plus beau. Le phare a été électrifié en 1972 et automatisé en 2004. En retraite, Louis Cozan a rassemblé ses souvenirs dans Un feu sur la mer (éditions Babelio). Il y témoigne de la vie singulière dans ces « enfers »  que furent les phares de haute mer. Une vie de marin immobile et de voyage intérieur « où on s’épluche pour arriver à l’essentiel ». Louis Cozan connu en Bretagne pour son talent de conteur, se « gratte aussi le ventre en chantant des chansons » comme disait Georges Brassens, autre amoureux de la Bretagne.Louis Cozan chante ici la fin du métier qui s’annonce avec le départ de Jean Donnart, en 1995, dernier gardien de phare de La Vieille, en nous laissant une trace d'eau salée aux coin des yeux.

"Gardien de phare à la dérive" de et par Louis Cozan


Cet article – texte, dessin, photographie ou infographie - vous a plu par les informations qu’il contient, par l’éclairage qu’il apporte, par la réflexion ou l’inconfort intellectuel qu’il provoque, par sa liberté de ton, par le sourire qu’il fait monter à vos lèvres… SOUTENEZ NOUS ! Il n’est de presse libre sans indépendance financière. GLOBAL est une association de journalistes sans but lucratif, sans publicité, qui ne vit que des abonnements et dons de ses lecteurs, lectrices. Pour s’abonner et soutenir c’est ici.

MERCI DE VOTRE SOUTIEN !

« L'information est indissociable de la démocratie et les journaux d'informations sont faits pour former et nourrir des citoyen-ne-s plutôt que de les distraire »
Gilles Luneau, rédacteur en chef de GLOBAL