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USA Blues

Bad dog. En écho, et partiellement en réponse, à l’étonnement qui terrasse certains devant l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, voilà une plongée dans le sud-ouest américain (Arizona, Oklahoma, Texas, Utah…) du milieu des années 90, guère touché par la grâce des présidences démocrates et républicaines. Zones rurales sous exode, maisons, rues et champs qui transpirent l’abandon ou, pour le moins, une suspension de la corne d’abondance des saisons.  Incongruité d’un irruption d’enfants dans un monde misérablement vieux. Fauteuils éventrés, pick-up et camions stoppés comme le temps qui ralentit les gestes et suspend les pensées sous les Stetson buffalo et les casquettes. Mêmes les chevaux n’échappent pas à la nostagie. Quant aux chiens, ils errent, la queue basse et  on les imagine levant la patte sur des urnes aux planches disjointes. Les superbes photographies de Michel Monteaux parlent plus que tous les discours de sociologie politique et servent magnifiquement la musique de John Trudell. A contempler sans modération. G.L.

BAD DOG de John TRUDELL

(Sale chien, traduit par Michel Monteaux)
 
Sale chien
Les endroits où tu n’as jamais été
Les raisons pour lesquelles tu pleures
Les restes des promesses de demain
Ajoutant une cicatrice à tes yeux
Sale chien, sale chien
 
L’homme continue à jouer le rôle du maître
Il y a une façon dont tu dois obéir
Ne mords pas la main qui te nourrit
Ne sais-tu pas ce que la liberté veut dire ?
Sale chien, sale chien
 
Tu n’échappes pas à la chaleur
Caché dans la mémoire,
Hurlant au ciel,
Toujours en quête du presqu’amour par là
Le cœur lourd et le besoin de courir,
Presque toujours à la poursuite de l’amour, par là.
Sale chien, sale chien
 
Une chien peut être seul, rodant la nuit
Attrapé par une odeur dans le vent
Trop dangereuse à aborder, trop top à aimer,
La lune appelle, t’appelle toi
Sale chien, sale chien
 
Essoufflé, à un battement de cœur près
Remuant la terre et les âmes qui tremblent
Temps d’orage et cœurs brisés
À toutes les chances que tu tentes, tu en abandonnes une autre
Sale chien, sale chien
 
La cage est pleine de mensonges vides
Quoiqu’il se passe tu penses rêver
Où que tu sois, ce n’est pas le même monde,
Ce n’est pas le même monde
Sale chien, sale chien
 
Tu n’échappes pas à la chaleur
Un chien peut être seul
Essoufflé, à un battement de cœur près
L’homme continue à jouer le rôle le maître
Il y a une façon dont tu dois obéir
Ne mords pas la main qui te nourrit
Ne sais-tu pas ce que la liberté veut dire ?
Sale chien, sale chien

 

 

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