Vive la Bourse ?
Qui l’eût cru, l’apprenti dictateur peroxydé et vociférant est rentré dans sa niche à propos de sa volonté d’annexion du Groenland. Certes, comme d’habitude, avec un mensonge – un prétendu « cadre d’un futur accord avec l’Otan» sur le Groenland et « toute la région l’arctique » – mais il a changé de ton et levé la menace de sanctions douanières contre les pays européens tout comme il a fait marche arrière sur les menaces militaires.
La fermeté des européens, groenlandais et français en tête, a énervé le despote fantasque, qui, aveuglé par son égo, a fait le pas de trop – la guerre économique avec les droits de douane – ce qui a provoqué un séisme boursier à Wall Street et Paris. Chute du dollar, hausse des taux d’intérêts. En clair, ça veut dire que si ça continuait, les retraites américaines par capitalisation fondaient comme beurre au soleil, que le remboursement de la dette américaine (37 000 milliards $) augmentait et que la bulle inquiétante des produits dérivés (600 000 milliards $) s’approcherait un peu plus de l’explosion. Bref, l’ombre du krach financier planait sur le monde avec l’inconnue économique, sociale et géopolitique d’une fragmentation générale du système financier international reposant sur le dollar. De quoi rendre furibard investisseurs, financiers et spéculateurs qui affectionnent surtout la stabilité et la visibilité.
Trump est financier mais tellement à son propre compte (sa fortune a augmenté de 3 milliards $ en un an selon le magazine Forbes) qu’il en a oublié que la finance internationale est un jeu collectif qui ne supporte pas que l’un de ses membres mette en danger la marmite à s’engraisser en rond. On imagine les coups de téléphone des ténors de Wall Street au King Trump ces derniers jours, sur le thème tu arrêtes ton cirque sinon ça va mal tourner pour ton matricule. Et la Phynance a mis au pas l’Ubu américain qui voulait se faire plus gros que la Bourse. Qui l’eût crût ? L’égo criminel contenu par le système dont il est l’enfant. L’ordre international né de la Chute du Mur de Berlin et de la globalisation des échanges vient de prendre un virage dont nul ne sait encore où il mène. Éviter l’accident mortel ne garantit ni la survie du véhicule ni la justesse de la trajectoire.
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