vaccins coronavirus

2 milliards d'euros dans le noir

 Dans un entretien avec notre confrère BAM, la députée européenne Michèle Rivasi, dénonce l’opacité des contrats signés entre la Commission européenne et les laboratoires pharmaceutiques pour la livraison de vaccins contre la Covid 19.

Pour faire face à la pandémie de la Covid 19, les États européens ont joué collectif. L’Europe a du bon. La Commission européenne a négocié avec les laboratoires pharmaceutiques des pré-achats de vaccins, avant qu’ils soient mis au point, avec Pfizer-BioNTech, AstraZenaca, Johnson & Johnson, Sanofi-GSK, Moderna, CureVac. Le 10 novembre dernier, la Commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides annonçait la signature imminente de contrats pour la livraison de 300 millions de doses de vaccins, réparties ensuite entre États-membres au prorata de leur population. Chaque État restant libre d’en acheter par lui-même. Quelle est la nature des contrats ? Députée européenne (EELV), membre de la Commission de contrôle budgétaire, Michèle Rivasi a demandé l’accès aux contrats signés par la Commission européenne avec les laboratoires pharmaceutiques : « Je voulais savoir quel était le montant donné à chaque labo. On a quand même voté plus de deux milliards d’euros pour les laboratoires, rien n’est dit. Le prix des vaccins, rien n’est dit. Le lieu de production – et on voit le problème au niveau de Pfizer en Belgique sur l’ensemble – rien n’est dit.  Vous ne pouvez pas donner autant d’argent public sans contrepartie. Qui est responsable des effets secondaires ? Si je me fais vacciner demain et que j’ai une paralysie faciale, à qui je m’adresse ? Aux États ? Aux laboratoires ? Qui est responsable ?» questionne la députée sur sa page de parlementaire . La Commission a finalement répondu à sa demande de transparence, notre confrère belge BAM en a recueilli le récit, celui de l’opacité commerciale :

Au nom du secret des affaires, interdiction de photocopier ou de photographier tout ou partie des contrats et de les photographier, montants des transactions tenus secrets, conditions de responsabilités secrètes, pages occultées … La méthode rappelle celle employée lors des négociations toutes aussi opaques du Traité de libre-échange transatlantique (que GLOBALmagazine avait été le premier à publier en son temps). On traite la santé publique de 450 millions d’européens avec les mêmes méthodes de capitaines d'industries jaloux de leurs secrets, au mépris de la démocratie sanitaire. La Commission européenne verse donc plus dans l’usine que dans la santé publique. De quoi laisser imaginer le pire chez les complotistes.

 

 

 

 

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