Désobéissance civique d'un maire

Henri Boguet est maire de Fontoy, une commune rurale de Moselle qui s’étend sur 1633 hectares, principalement de bois et forêts, et compte près de 3000 habitants. Il est aussi médecin, ce qui n’est pas sans rapport avec l’arrêté municipal qu’il a signé le 16 février dernier pour interdire l’usage des pesticides à base de néonicotinoïdes sur tout le territoire communal. La « loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages », adoptée le 20 juillet 2016, ne prévoit l’interdiction totale des néonicotinoïdes qu’à partir de 2020. Juridiquement, pour l’instant, un maire peut juste interdire l’usage des pesticides aux services municipaux et aux entreprises s’occupant de l’espace public communal. Là, l’interdiction de la mairie de Fontoy vaut pour tout le monde, ce qui met Mr le maire hors-la-loi. Et provoque l’ire du sous-préfet de Thionville qui va demander à la Justice de casser l’arrêté.

Année après année, les publications scientifiques confirment les effets désastreux des néonicotinoïdes sur la santé humaine, tout aussi atteinte que celle des abeilles et celle des insectes visés par ces produits. Le délai mis à leur interdiction - visiblement analysé par le médecin Henri Boguet comme la prolongation d’un permis d’empoisonner - scandalise de nombreuses ONG, telle Générations futures, et a des relents de concession arrachée par le puissant lobby de la chimie agricole. Au fait des ravages sanitaires par cette famille de pesticides, le maire-médecin a confié à nos confrères du Républicain lorrain qu’il était décidé à « aller jusqu’au bout des choses ». Un acte de désobéissance civique qui, pour le moment, n’a pas déclenché de protestation du côté des quatre agriculteurs de la commune.

 

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