Biblio du salon

  Le défi alimentaire de Samuel Rebulard – Belin – 528 pages, 44,90 €.

Ecologie, agronomie et avenir, le sous-titre résume l’ambition du livre… et la tient ! Une somme d’informations scientifiques - déployées avec pédagogie par modules indépendants, une centaine de photographie, 400 schémas - fait un point exhaustif sur l’état des connaissances croisées écologiques, agronomiques, botaniques, climatiques, économiques et nutritionnelles. La bible indispensable aux étudiants, à leurs professeurs et à tous les passionnés d’agriculture qui y élargiront leur vision du sujet.

 Je mange donc je suis, petit dictionnaire curieux de l’alimentation sous la direction de Christophe Lavelle et Marie Merlin – Muséum national d’histoire naturelle - 216 pages, 25 €.

D’abajoues à zeste, en passant par minceur, igname et futur, abondamment illustré, ce plaisant dictionnaire, lisible par tous, fait écho à l’exposition éponyme, au Musée de l’Homme, à Paris, jusqu’au 7 juin.

  Quand la forêt brûle de Joelle Zask - Premier Parallèle - 208 pages, 17 €.

Les « mégafeux » représentent 3% des incendies mais plus de 50% des surfaces brûlées. Ils sont à 98% d’origine humaine, accidentelle ou criminelle. Ces incendies qui dévorent depuis quelques années des pans entiers de la planète inspirent à Joëlle Zask une réflexion philosophique salutaire sur le rapport de l’être humain à la nature. L’auteur discerne sous les flammes le symptôme d’une société malade et nous invite à renouer avec l’écosystème et la part du feu qu’on lui doit.

 

  Quand l’alimentation se fait politique(s) sous la direction d’Eve Fouilleux et Laura Michel – Presses universitaires de Rennes – 350 pages, 26 €.

 Sous l’effet des crises alimentaires, agricoles, environnementales à répétition, la société civile remet en question le modèle agro-industriel et s’empare des contenus et enjeux de son assiette. L’alimentation est devenue un fait politique. 24 chercheurs se sont penché sur la gouvernance du système alimentaire, les innovations, la sécurité alimentaire, le gaspillage, les politiques locales etc… Et pointent les résistances des acteurs du système agro-industriel aux indispensables changements demandés par la société.

 

L’illusion localiste de Aurélien Bernier – Utopia – 192 pages, 4 €.  

Sans discréditer l’action de proximité et l’engagement citoyen, l’auteur déconstruit l’illusion d’une prétendue résolution de tous les problèmes grâce aux circuits courts, à  l’action locale, au régionalisme. Il pointe la défausse grandissante de l’État, notamment dans les services publics, et propose d’articuler démocratiquement le local et le national.

Cause animale, cause paysanne de La Confédération paysanne  – Utopia – 200 pages, 12 €.

Cela fait du bien d’entendre les premiers concernés par les questions de bonne traitance animale.  Plus d’une quarantaine de paysannes et paysans parlent de leur relation aux animaux, à la nature et de leur combat contre la production industrielle de viande. Ils expliquent l’indispensable complémentarité cultures-élevages, le lien au sol, l’autonomie de la ferme, et démontre le rôle de l’agriculture dans la production de nourriture, la création d’emploi, le climat, la biodiversité. Paysan, la meilleur interface homme-nature.

 

 

Cause animale, cause du capital de Jocelyne Porcher – Le Bord de l'eau – 120 pages, 14,20 €.

La zootechnie n’a eu de cesse que de transformer les animaux de ferme en objet et de clore 10 000 ans de coévolution homme-animal. Suivant le fil de l’industrialisation de l’élevage depuis le XIXe siècle, la sociologue et ancienne éleveuse de brebis met en évidence la collusion d'intérêts historiques et actuels entre la science, l'industrie et la « cause animale ». Pour le bien-être animal, celui de la planète et pour préserver notre santé, il faudrait de toute urgence renoncer à l’alimentation carnée voire à tous les produits animaux … et se ruer sur les produits de substitution concoctés par les start-up des biotechnologies.

L'agroécologie peut nous sauver où Marc Dufumier s’entretient avec le journaliste Olivier Le Naire – Actes Sud – 176 pages, 18,50 €.

C’est toujours un petit bonheur de lire (ou d’écouter) cet agronome nous expliquer avec clarté l’agroécologie comprise comme une discipline scientifique visant à exercer un usage intensif et renouvelable des ressources naturelles. L’exposé rend intelligible la complexité et le fonctionnement des agroécosystèmes. On comprend qu’il est possible, à partir des territoires, de nourrir durablement et correctement 10 milliards d’êtres humains sans attenter à la biodiversité et au climat, tout en réduisant les inégalités sociales. A condition de revenir aux semences paysannes sans brevet, d’abandonner les pesticides de synthèse, en se lovant dans les écosystèmes, bref en stoppant l’agriculture industrielle.

   Steak Barbare de Gilles Luneau - éditions de l’Aube et Fondation Jean Jaurès – 368 pages, 23 €.

Cette enquête économique et philosophique sur la viande in vitro et autres ersatz à base de protéines végétales dévoile les liens et réseaux où se côtoient et s’épaulent milliardaires du numérique, scientifiques, fondations altruistes, start-upeurs, biohackers, transhumanistes, militants véganes et organisations animalistes. L’auteur va à la rencontre de scientifiques, agronomes, sociologue, philosophe pour réfléchir et résister à ce qui, à ses yeux, annonce une rupture fondamentale dans la manière de se nourrir et, au-delà, une rupture de notre relation à la nature et au monde en général. Une rupture de civilisation.

  Technopoly, comment la technologie détruit la culture de Neil Postman – L’Échappée- 222 pages,  18€.

Les réflexions développées dans ce livre, primitivement paru aux États-Unis en 1992, révèlent avec lucidité les fondements des mutations technologiques qui ont progressivement soumis la culture à la technique, ses machines et experts.

 

 

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Gilles Luneau, rédacteur en chef de GLOBAL