Le journal de la ZAD

 Durant l’opération non seulement d’expulsion des zadistes de Notre-Dame-des-Landes mais aussi de destruction de leurs maisons et de leurs installations laborieuses (bâtiments d’élevages, meunerie, boulangerie, conserverie, restaurant etc..), les journalistes sont tenus à l’écart du village alternatif par les forces de l’ordre. C’est la gendarmerie qui revendique de tourner les reportages pour les journaux télévisés ! Même sous De Gaulle on n’avait pas vécu ça. Le conte officiel de ce qui se passe – le « story telling » comme on dit à l’Elysée, est cousu de fil blanc : il y a violation de la légalité républicaine par des éléments violents. Intolérable d’occuper pacifiquement des terres inoccupées depuis un demi-siècle. L’Etat, seul « lésé » par l’occupation de ses terres,  fait expulser tout le monde et, surtout, organise le saccage du village pour ne donner à personne l’envie de rester. Alors puisqu’il faut le répéter, répétons-le : l’immense majorité des zadistes est non-violente, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne s’organise pas pour s’opposer à son expulsion. Qui accepterait sans protester de se faire virer de sa maison ? Aussi pour rééquilibrer la version concoctée par les forces de l’ordre sur les ondes nationales, voici, chronologiquement, telles qu’elles nous arrivent à GLOBALmagazine, les informations communiquées par les zadistes et leurs soutiens.

Lundi 16 avril, 10h46.A 9h30, ce matin le blindé de la gendarmerie et de nombreux fourgons sont arrivés autour de la charpente posée hier au gourbi, fort probablement pour détruire ce bel édifice. Des charpentiers et soutiens sont perchés sur le toit. Cette charpente massive était arrivée hier au milieu de la nuit portée à la main par 300 personnes ans une équipée collective mémorable. Voir ci-dessous :
Objectif atteint - un grande charpente portée par 300 personnes jusqu'au gourbi durant la nuit.
Dans un mouvement collectif absolument pharaonique, une construction de 2 tonnes et de 10 mètre sur 5 a été portée par 300 personnes jusqu'au gourbi entre 22h et minuit tout juste. L'objectif de reconstruction sur un des lieux attaqués la semaine dernière a finalement été totalement atteint à la dernière minute. Un groupe surdéterminé a su faire passer l'édifice en bois massif à travers les haies puis tout le long de la route des fosses noires, la présence policière s'étant subitement estompée à la nuit tombée. Cheval de troie zadiste, on voyait avancer ce soir dans le noir une charpente éclairée par des dizaines de lampes frontales. Ce fantôme vengeur venait réinvestir les décombres d'un des espaces collectifs détruits cette semaine pour en faire une nouvelle halle de marché et d'assemblée. Sous l'ossature mouvante, des chants incesssants : "plus chaud, plus chaud que le lumbago", "plus haut, plus haut que l'helico", "nicole est étourdie, on va au gourbi", "la zad est elle à qui, elle est à nous !". Un grand feu d'artifice nous salue à l'arrivée. Ce soir le président Macron confirmait dans toute sa morgue de monstre froid sa volonté de finir d'éradiquer la zad, "projet de désordre", sous huit jours. Notre colère après une semaine de destruction de nos lieux de vie ne serait "pas légitime", nous devrions pour lui redevenir des individus séparés ou rien. Ce soir nous avons ri deux heures durant côte à côte face à la menace en transportant une magnifique maison en bois que la police détruira peut-être demain. Ils veulent en finir avec nous, mais nos vies sont tout simplement beaucoup trop belles pour ça.
Des vidéos exclusives et surréalistes de la charpente avançant dans la nuit sur le compte twitter @zad_nddl

Lundi 16 avril, 7h35. Nous vous invitons à lire le récit de la folle journée d'hier ICI.
Pour celles et ceux qui ne le savent pas encore, autour de 21h, Les gendarmes ont quittés la zone, enlevant tout leur dispositif. Aussitôt l’enthousiasme nous a fait soulever des montagnes... et la charpente du nouveau bâtiment collectif que nous avions annoncé vouloir installer à Gourbi. Plus d’une centaine de personnes s’est saisie de la structure et l’a amené sur les routes de la ZAD, pas à pas, dans un élan formidable et l’euphorie.
Sur les coups de minuit elle arrive enfin à sa place définitive. Bien sûr tout le monde est conscient que les facheux viendront probablement tenter de la détruire dès lundi, comme ils essayent de détruire tout ce que nous construisons de beau sur la zone.
Ce lundi, à 7h30, toujours aucune présence policière constatée sur la zone.

Dimanche 15 avril, 20h07. la magie de la zad, la reprise des bâtons et le dispositif policier débordé.
Malgré le blocus gouvernemental, une foule de 15 000 à 20 000 personnes a réussi coûte que coûte à se rendre en différents points de la zad et a débordé le dispositif ce dimanche. Depuis l'aube, tout avait pourtant été fait pour briser ce vaste élan de solidarité : barrages et contrôles partout, check-point policier au sorties 4 de voies avec appels aux conducteurs à ne chercher à se rendre sur place. Plus d'une centaine de personnes ont été séquestrées toute la journée à la ferme de la Grée. C'est le première fois que l'Etat cherchait ainsi à empêcher une grande manifestation de ce type sur la zad et à faire monter la tension. Mais ici l'esprit collectif ne se laisse pas intimider de la sorte : les soutiens connaissent les chemins, les champs et passent en groupe les barrages policiers. Le mouvement qui a arraché l'abandon du projet d'aéroport s'est retrouvé de nouveau aujourd'hui dans toute sa force et sa diversité pour défendre la zad.
Moment solennel à la ferme de Bellevue à 14h : les milliers de bâtons planté le 8 octobre 2016 ont été déterré du sol. Nous avions fait le serment de venir les rechercher le jour où la zad serait de nouveau attaquée. Le Temps était venu ! Des personnes de tout âge sont reparties avec sur le chemin de suez, escortant une grande charpente en bois emmenée par un convoi de tracteurs. Cette  construction avait été réalisée pendant la semaine avec du bois de la zad et sous le hangar de l'avenir par des dizaines de charpentiers solidaires. Elle a été montée sur un champs proche du chemin de Suez et pourra être déplacée par la suite. Des centaines de personnes ont porté ses poutres de main en main. C'est sur ce même champs en 2012, lors de la manifestation de réoccupation, que des chaînes humaines avaient déjà portés des masses de matériaux pour construire un hameau sur le site de La châtaigne.
Aujourd'hui, des centaines de bâtons ont été immédiatement plantés tout autour du chantier pour marquer la protection de ce nouvel édifice, future halle de marché et de réunion qui devait initialement directement être amené au Gourbi pour remplacer l'espace commun détruit jeudi. Pendant ce temps d'autres groupes importants de manifestant.e.s bâtons en main, ont fini par déborder de toute part le dispositif policier placé sur la d81 et ont traversé la route pour passer à l'est sur la zone interdite et occupée depuis ce matin par des colonnes de gendarmes. Une construction mobile a été emmenée à travers les haies dans l'est de la zad. La volonté du gouvernement de nous interdire l'accès à l'est et au centre de la zad a été mise en défaite par des milliers de personnes se répartissant dans tous les champs le long de la route des fosses noires.
Les manifestants ont fait reculer plusieurs fois les lignes policières, chantant côte à côte bâtons en main. A la fin de l'après-midi, une magnifique charpente s'élevait dans le soleil couchant sur un champs proche du chemin de Suez. Des personnes y dansaient au son d'un accordéon.
Après la manifestation déterminée de plus de 10000 personnes hier à Nantes entre syndicalistes, étudiants et soutiens à la zad, le gouvernement a dû aujourd'hui constater de nouveau qu'on ne peut écraser notre désir de collectif par la terreur et la destruction ! D'autant que les actions de solidarité se multiplient dans de nombreuses villes de france et du monde ce week-end.
Nous appelons à ce qu'elles continuent. L'avenir de la zad va se jouer dans les jours et les semaines prochaines. Il se liera au mouvement social en cours.
Merci à toutes celles et ceux qui ont bravé les obstacles aujourd'hui.
Grâce à vous, la zad même blessée est toujours magique !

Dimanche 15 avril, 17h05. Ce qui est en train de se passer pendant le rassemblement de ce dimanche ou la magie de la zad !
Malgré le blocus gouvernemental, une foule de 15 000 à 20 000 personnes a réussi coûte que coûte à se rendre en différents points de la la zad ce dimanche. De nouveaux groupes continuent à arriver en ce milieu d'après-midi. Depuis ce matin, tout a pourtant été fait pour briser ce vaste élan de solidarité : barrages et contrôles partout, check-point policier au sorties 4 de voies avec appels aux conducteurs à ne chercher à se rendre sur place. C'est le première fois que l'Etat cherche ainsi à empêcher une grande manifestation de ce type sur la zad et à faire monter la tension. Mais ici l'esprit collectif ne se laisse pas intimider de la sorte : les soutiens connaissent les chemins, les champs et passent en groupe les barrages policiers. Le mouvement qui a arraché l'abandon du projet d'aéroport se retrouve de nouveau aujourd'hui dans toute sa force et sa diversité pour défendre la zad.
Moment solennel à la ferme de Bellevue à 14h : les milliers de bâtons planté le 8 octobre 2016 ont été déterré du sol. Nous avions fait le serment de venir les rechercher le jour où la zad serait de nouveau attaquée. Le Temps est venu ! Des personnes de tout âge sont repartis avec sur le chemin de suez, escortant une grande charpente en bois emmenée par un convoi de tracteurs. Cette belle construction a été réalisée cette semaine avec du bois de la zad sous le hangar de l'avenir par des dizaines de charpentiers solidaires. Elle est pour l'instant montée sur le champs de la wardine et pourra être déplacée par la suite.
Des centaines de personnes portent les assemblages en bois de main en main. C'est sur ce même champs en 2012, lors de la manifestation de réoccupation, que des chaînes humaines avaient portés des masses de matériaux pour construire un village à la châtaigne. Aujourd'hui, des centaines de bâtons ont été immédiatement plantés tout autour du chantier pour protéger ce nouvel édifice, halle de marché et de réunion qui devait initialement directement être amené au Gourbi et remplacer l'espace commun détruit jeudi. Pendant ce temps d'autres groupes importants de manifestant.e.s bâtons en main, débordent de toute part le dispositif policier placé sur la d81 et traversent la route pour passer à l'est sur la zone interdite et occupée deuis ce matin par des colonnes de gendarmes. Une construction mobile est emmenée à travers champs. Plus d'une centaine de personnes sont toujours séquestrées depuis ce matin à la ferme de la Grée. Des soutiens essaient de les rejoindre. On nous annonce la présence de la préfète vers le carrefour de la saulce. Après la manifestation déterminée de plus de 10000 personnes hier entre syndicalistes, étudiants et soutiens à la zad, elle va pouvoir constater de nouveau de visu qu'on ne peut écraser notre désir de collectif par la terreur et la destruction ! D'autant que les actions de solidarité continuent dans de nombreuses villes de france et du monde ce week-end.
La zad même blessée est toujours magique !
Bientôt plus d'infos sur la suite des évènements de cet après-midi.

Dimanche 15 avril, 10h34. Ce matin, un imposant dispositif policier s'est redéployé sur diverses routes de la zad : D281, D81, routes des fosses noires.
Les contrôles et blocages routiers se multiplient. Un mensonge de plus : hier la préfecture annonçait qu'elle n'interdirait pas la manifestation.
Aujourd'hui, le gouvernement cherche en réalité à empêcher par tous les moyens que les soutiens venus de partout en France et en Europe puisse accéder à la zad ou s'y rassembler. L'Etat fait tout pour faire monter la tension et montrer son intention d'écraser la zad coûte que coûte. Il veux faire en sorte que le moins de monde possible puissent accéder aujourd'hui au site, constater l'ampleur des destructions réalisées cette semaine et marquer un soutien collectif pour la zad.
Nous allons aviser rapidement de la situation et donner les rendez-vous adéquats. Nous trouverons les moyens de nous rassembler aujourd'hui et de poursuivre une aventure collective demain. Ce ne sera pas facile, mais nous appelons tous les soutiens à faire en sorte d'arriver sur la zad, en direction du carrefour de la Saulce ou de la ferme de Bellevue et à se rassembler là où ils sont bloqués si on les en empêche. Il est décisif que nous nous retrouvions.

Samedi 14 avril, 19h13. Sur la zad - des maisons et familles laissées sans électricité pour le mois à venir du fait de l'occupation policière.
Depuis mercredi 11 avril en milieu d’après midi, lors de la destruction des lieux de vie la Sècherie et l’Isolette, la préfecture a ordonné une coupure d’électricité d’envergure sur la commune de Vigneux de Bretagne, qui a affecté de nombreux lieux de vie sur la zad non concernés par les expulsions, mais également une dizaine de foyers voisins, proches de la zone.
Aujourd’hui, samedi 14 avril, l’électricité n’était toujours pas rétablie, et ce jusqu’à nouvel ordre de la préfecture. Certains foyers hors zone se sont vus fournir des groupes électrogènes, mais au moins un d’entre eux est tombé en panne après moins de 24 heures. Ce sont donc des dizaines de personnes et de familles dans le noir, certaines sans chauffage et sans eau car les pompes pour tirer l’eau des puits sont en panne. Des poussins sont morts à cause de l’arrêt des couveuses, de la nourriture a été gâchée dans les congélateurs. Certains lieux n'ont plus accès à l'eau car les pompes sur les puits ne peuvent plus être utilisées.
Pour des témoignages, nous pouvons vous mettre en contact avec des personnes concernées par les coupures.
Nous dénonçons ces tactiques dignes d’occupation militaire, imposant des punitions collectives même sur des personnes n’ayant d’autre tort que d’être restées vivre dans ce bocage. Derrière le discours sur l'arrêt des expulsions, la pression continue par tous les moyens pour faire partir les habitants de la zad, les empêcher de vivre et s'organiser. 

Samedi 14 avril, 18h51. Le collectif renaît toujours – pose d’une halle de marché et d’assemblée au Gourbi sur la zad ce dimanche.
Ce dimanche une halle en bois, sciée et assemblée par des charpentiers au beau milieu de la résistance aux attaques policières, sera  montée sur le lieu-dit le Gourbi. Nous vous invitons ce dimanche à venir soutenir la pose de ce nouveau Gourbi et à lui assurer protection dans l'avenir. Mercredi, Gourbi 4 a été détruit par des tractopelles après une nouvelle offensive des gendarmes. C’est un des nombreux lieux de la zad qui a été attaqué la semaine dernière. Comme les autres, cet espace avait une histoire belle et singulière. Gourbi était un des lieux les plus partagés de la zad: il ne s’agissait pas d’un habitat individuel mais d’un espace dédié au commun. C’est là que se tenait le non-marché, tous les vendredis, ainsi que de nombreuses réunions des habitant.e.s de la zad.
Ce dôme géodésique de terre, de paille et de métal était un des nombreux exemples de la créativité architecturale qui a surgi ici. Cette dernière version du Gourbi avait été construite à un moment décisif du mouvement, lors d'un grand chantier, le 30 juin 2016. Cette construction était
notre réponse d’alors à la manipulation par laquelle le gouvernement essaya d'imposer ce projet sous couvert de démocratie, via une consultation publique. Nous y opposions un espace dédié à notre propre façon de nous organiser : à la base, avec les personnes concernées, dans des assemblées et des mises en pratique concrètes. La destruction du Gourbi est une des manières par lesquelles le gouvernement a marqué la semaine dernière sa phobie et son mépris du collectif. L’écrasement de ce lieu d'organisation, tout comme celui des lieux de vie, affirme sa négation de la possibilité d’expérimentations larges prenant une autre voie que celle de l’individualisme libéral, si conforme à la vision macroniste du monde.
Mais dans ce bocage, le collectif renaît toujours et Gourbi le raconte sans doute plus que tout autre lieu sur la zad. La maison de M. et Mme Gourbi a disparu une première fois sous les coup des tractopelles à l’automne 2012. Elle avait été investie par des occupant.e.s à la demande de ses anciens locataires, barricadée puis expulsée quelquesjours plus tard. Sur les ruines de la maison un nouveau lieu, nommé Gourbi en hommage, a été construit dans la période qui a suivi l’opération César. Il répondait au besoin d'un espace partagé dans le centre de la zad. Il a été presque entièrement refait en 2015 pour se transformer en salle de réunion chic et boisée. Mais une soirée d’automne 2015, pendant que beaucoup d’entre nous étions parti.e.s  de la zad en convoi vers Paris et la COP 21, Gourbi 3 a subi une attaque incendiaire. Gourbi 4 renaîssait quelques mois plus tard avant de disparaître de nouveau subitement ce mercredi 11 avril.
Les poutres de la halle Gourbi 5 qui sera remontée dimanche ont été coupées et montées en urgence ces trois derniers jours à la ferme de Bellevue par des charpentièr.e.s de la zad et d’ailleurs, qui ont une nouvelle fois accouru en soutien. C’est la première construction réalisée sous le hangar de l’avenir, lui-même édifié lors de la manifestation des bâtons du 8 octobre 2016 et destiné à devenir la menuiserie de la zad. Le bois utilisé vient de la campagne de bûcheronnage réalisé par le collectif abracadabois dans la forêt de Rohanne cet hiver. Gourbi 5 pourra de nouveau servir d’espace de rencontre, d’organisation et de redistribution libre de ce qui est produit ici. C’est une des initiatives par lesquelles nous marquerons la capacité de regénération de la zad et notre désir intact de collectif après une semaine de résistance inouïe. Les charpentièr.e.s vous invite à les rejoindre au levage du nouvel édifice, sur les coups de midi, sur le site du Gourbi - entre la Saulce et les Fosses Noires - pendant le grand rassemblement du dimanche 15 avril 2018.
Longue vie à Gourbi 5, longue vie à la zad !

Samedi 14 avril, 18h37.  Zad et mouvement social : 10 000 manifestant.e.s bloqué.e.s par la police à Nantes
Cet après-midi, un cortège syndical et étudiant de plusieurs milliers de personnes est parti dans les rues nantaises dès le début d'après-midi.
5000 personnes les ont rejoint à 16h30 pour manifester contre les expulsions sur la zad et ailleurs. Le cortège était très hétérogène, avec des personnes de tout âge. Une banderole de tête annonçait "SNCF, ZAD, Universités, Vive le commun !", une autre "Enracinons l'avenir sur la zad ! Contre toutes les expulsions". Le gouvernement voulait tout faire pour empêcher cette jonction visible entre le mouvement social en cours et la résistance aux attaques sur la zad. Il a donc décidé de bloquer la manifestation au début du parcours prévu juste après le château : mobilisation policière hallucinante, barrières anti-émeutes, nuage épais et constant de gaz lacrymogènes et mise en action des canons à eau. Cette dispersion brutale est à l'image de ce qui s'est passé cette semaine sur la zad. Dans les rues de Nantes comme dans le bocage le gouvernement tente de ne laisser aucune autre issue à chacun.e d'entre nous que de repartir seul.e, isolé.e. Ils croient qu'il leur sufffira de gazer, détruire et blesser jusqu'à ce que le gens comprennent et se soumettent à leurs chantages. Mais le collectif résiste et renaît toujours ! La révolte contre Macron et son monde s'amplifie partout.

Samedi 14 avril, 16h16. Communiqué de presse de COPAIN44 suite à l'opération d'expulsion sur la zad.
Communiqué de presse du COPAIn 44 - vendredi 13 avril 2018
NOUS VENONS DE VIVRE UNE SEMAINE DIFFICILE !
L'expulsion dans la violence de femmes et d'hommes qui "semaient les graines" d'une agriculture alternative nous a tous choqués !
Déjà en 2012, plusieurs corps de fermes et maisons avaient été détruits. Aujourd'hui, nous avons besoin de retrouver de la sérénité sur le territoire.
Il est urgent de prendre le temps de réfléchir aux endroits les mieux adaptés pour reconstruire des outils de travail et des lieux de vie dans le respect du bocage et de la biodiversité.
Nous appelons toutes les paysannes et paysans à venir sur la ZAD, cdimanche, si possible avec leur tracteur.
Nous poserons les bases de cette reconstruction dans le cadre du projet que nous portons collectivement.
Le rendez-vous est fixé à 12h le long du chemin de suez.
Pour les tracteurs, organisez-vous par secteur avec les référents habituels.
COPAIn 44

Vendredi 13 avril, 11h55. Qu'ils cessent réellement de s'attaquer à la zad !
Au moins trois personnes ont été arrếtées ce matin lors du déploiement massif et de l'intrusion des gendarmes dans un certain nombre de lieux de la zad, faisant à nouveau monter la tension d'un cran. En parallèle, la préfète qui n'est plus à une contradiction prêt, annonçait l'arrêt des opérations d'évacuation sur la zad après une semaine de destructions. Les assemblées des usages, qui regroupent les habitant.e.s et les différentes composantes du mouvement, prendront le temps de déterminer en temps et en heure quelles sont les réponses adéquates à donner aux injonctions actuelles de la préfecture. Ce qui est sûr pour l'instant, c'est que nous estimons intolérables la démonstration brutale de ce matin, ainsi que la volonté affichée de se venger par des arrestations de celles et ceux qui ont défendu les lieux de vie de la zad. Ce dont nous sommes certains, c'est qu'il ne sera pas possible de penser sereinement à la suite tant que la zad sera ciblée par ce type d'actions policières. Ce que nous croyons fermement après le formidable élan de solidarité de cette semaine, c'est que malgré les destructions, la zad va se donner les moyens de continuer à résister et vivre. Nous appelons toujours tous nos soutiens à venir dimanche massivement sur le terrain à 12h. Nous rappelons aussi la manifestation de soutien contre les expulsions et pour l'avenir de la zad dès demain à Nantes à 16h30 place du Cirque.

Vendredi 13 avril, 7h29. Depuis ce matin 6h30, des dispositifs policiers très importants se sont redéployés en différents points : D81 de la Rolandière à la Saulce jusqu'à la Wardine, Fosses noires et Lama fâché, et autour de divers autres lieux et routes. Ils ont encerclé au moins la wardine, la grée et essaient de rentrer dans les lieux. La préfecture prétend que le but de cette opération serait de faire des arrestations. Après avoir enfin annoncé hier soir la fin des opérations d'expulsions, le gouvernement veux maintenant se venger de celles et ceux qui ont protégé la zad et résisté pour sauver les lieux de vie.

Jeudi 12 avril, 18h14. Les services de presse de la préfecture de la gendarmerie communiquent depuis cet après-midi sur une "embuscade" qui aurait eu lieu au niveau de la barricade installée au carrefour de la Saulce, après l'attaque hier de plusieurs habitats environnants de la zad.
Vers 13h30, plusieurs camions de gendarmes sont arrivés au niveau de cette barricade. Des gendarmes sont sortis des véhicules et ont fait des sommations. Il y a eu à ce moment là des échanges de projectiles de part et d'autres. Il ne s'agissait aucunement d'une "embuscade" : cette barricade était visible et survolée à de nombreuses reprises par l'hélicoptère et les drones de la gendarmerie dans les heures précédentes. Des personnes présentes ont apparemment craint une nouvelle attaque sur les lieux environnants. C'est un des endroits où les tirs de grenade de la gendarmerie ont fait hier soir de nombreux blessés hier avec des tirs nourris de grenade. La communication de la gendarmerie intervient à l'heure où la brutalité de l'intervention d'expulsion depuis lundi et son jusqu'au-boutisme sont décriés de toute part.

Jeudi 12 avril, 13h36. Zad - Ce dimanche - Le temps est venu Appel à venir en masse !
A diffuser partout.
- rdv à 12h le long du chemin de suez.
L'Etat a décidé cette semaine de détruire brutalement l'expérience collective dans la zad. Nous résistons chaque jour - habitant.e.s, soutiens, paysan.ne.s, voisin.e.s, jeunes et anciens. Nous le faisons avec notre coeur, nos corps, nos liens, avec toute la force qui s'est enracinée dans le bocage en 50 ans de luttes et d'espoirs accumulés.
Mais l'Etat continue à arracher des maisons, des fermes, des espaces agricoles et des ateliers, à piétiner des jardins, à raser tout ce qui est beau. Nous avons avons besoin de vous sur le terrain maintenant !
A toutes celles et ceux qui sont passés rien qu'une fois ici, à toutes celles et ceux qui auraient pu et pourront demain.
A toutes celles et ceux qui pensent qu'il faut des espaces d'expérimentations collective et continuer d'inventer des vies magiques face à ces barbares.
A toutes celles et ceux qui croient qu'il est encore possible de résister face aux rouleaux compresseurs de la marchandisation du monde et la destruction du vivant.
Il reste 3 jours pour s'organiser pour venir en masse dans le bocage dimanche. Parlez-en partout autour de vous, amenez des ami.e.s.
Le temps est venu de nous retrouver pour dire que la zad doit vivre, panser ses plaies, se reconstruire....

Jeudi 12 avril, 9h06. Lettre ouverte d'un Naturaliste en Lutte
La destruction brutale de la ferme des 100 noms, défendue pacifiquement, et la résistance des vraies-rouges, lieu de maraîchage et de production de plantes médicinales, et accessoirement terrain d'une maison présente avant le projet d'aéroport, suggèrent une réalité que l'on n'a pas envie de comprendre : pour défendre un projet véritablement agro-écologique et solidaire, il faut oser tenir une barricade. Autrement dit, pour ne pas avoir à tenir une barricade, il faut se fondre dans l'agro-écologie pilotée par le Gouvernement.
Cette dernière a cependant un grave défaut : elle est strictement, et de plus en plus ouvertement, subordonnée au commerce (surtout au grand commerce bien sûr) et au profit personnel. L'écologie officielle s'arrête (les exemples abondent) là où elle gêne, ne serait-ce qu'un peu, un projet « économique ». Le refus strict de la destruction d'une plante protégée ou de l'habitat d'un animal rare (qui un jour prochain sera l'abeille) passe pour une radicalité inadmissible.
Les parties les plus conciliantes de la lutte contre l'aéroport ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour faire penser qu'une écologie réelle pouvait être pratiquée en accord avec le Gouvernement actuel. Le déploiement de force militaire d'une échelle inédite dans la métropole ruine ces efforts désespérés et confirme que la protection de la nature est interdite quand elle est strictement appliquée et quand – crime suprême - elle s'organise localement, collectivement, solidairement, avec les habitant.e.s de la zone dans une vie simple et écologiquement soutenable. Visiblement, dans le monde actuel, la défense de l'environnement passe aussi après le désir de pulvériser toute forme d'alternative, même et surtout quand elle est constructive et organisée.
Je suis très concerné personnellement par l'écologie mais ce discours serait tout aussi vrai en remplaçant "nature" par "solidarité envers les personnes défavorisées" ou "santé" ou "art" ou "vie rurale" ou "droits humains" ou "réfugié.e.s".
Ceux qui y voient des calomnies sont invités à le prouver en mettant fin immédiatement à l'opération de destruction des habitats de la ZAD et en donnant une ouverture immédiate aux initiatives qui s'y développent, en conformité à ce qui était prétendu jusqu'à la semaine dernière.
Jean-Marie, botaniste en colère

Jeudi 12 avril, 00h43. Aux cheminots, aux étudiant-es, aux grévistes d’Air France, de Carrefour et à toutes celles et ceux qui luttent

CONTRE MACRON ET SON MONDE

Des licenciements consécutifs à la loi travail, de la sélection à l’université à la déportation des immigrés, c’est la même logique étatique qui considère les êtres vivants comme des marchandises, le même bulldozer anti-social qui tente de bousiller nos vies. Pourtant, dans les universités occupées et sur les piquets de grèves, sur la ZAD et dans la rue, la colère monte et éclate. Sur les nombreux fronts de lutte, activés en réaction à la politique-carnage du gouvernement, un besoin urgent se fait sentir : s’unir pour que la peur change de camp.

Ici, dans le bocage de NDDL, la résistance à l’opération militaire prend des airs de guerre civile : destructions de nos lieux de vies, véhicules blindés, survols de drônes, maîtres chiens, largage de grenades désencerclantes par hélicoptère, exhibitions d’armes à feu et plus de trente blessés hier, probablement le double aujourd’hui, dont plusieurs mutilations irréversibles. Malgré cela, la résistance continue à l’image du mouvement anti-aéroport : joyeuse, déterminée et multiforme. Des caillassages et pique-niques de cheveux gris, des bals de tracteurs aux barricades, d’incendies de tractopelles aux jets de peintures en passant par les ravitaillements des cantines, l’énergie déployée ici tire ses sources de vos solidarités. Celle des riverains, des paysan-nes, des habitant-es historiques, des comités de soutiens locaux et à l’internationale, de tous les renforts plus nombreux chaque heure qui passe. Et savoir que des facs sont occupées, des trains et des avions à l’arrêt, des supermarchés bloqués nous fait nous sentir pris dans un mouvement plus global qui tente de stopper ce gouvernement dans sa course folle vers la catastrophe générale.

Malgré le déchaînement de brutalité absurde de cette opération, qui prouve que ce gouvernement n’a plus que la terreur comme seul argument, il reste certain que nous allons continuer à durer et construire ici. Nous sommes trop nombreu-ses à connaître les chemins, bois et prés du bocage. Nous tirons notre force de toute la rage et l’espoir de tous celles et ceux qui veulent changer ce monde. La ZAD est inexpulsable.

Une fois que seront expulsés les véhicules blindés, les hélicoptères, les fourgons et les 2500 flics de notre bocage chéri, soyez sûr-es qu’on se retrouvera dans vos amphis, piquets de grève et dans la rue pour poursuivre nos combats.
Merci pour vos solidarités, vos luttes et votre diversité.

L’assemblée de lutte contre les expulsions de la ZAD

Mercredi 11 avril, 23h05. 6 lieux de vie et habitats supplémentaires de la zad été détruits dont : Sécherie, Acatrelle, Isolette, Boîte noire, Entre deux, Gaieté...
Ils continuent d'essayer d'éradiquer nos vies, notre histoire.
Des centaines de soutiens étaient présents pour un pique-nique de protestation ce midi.
A 14h un déferlement de gaz lacrymogènes  et de grenades, perçant leschairs, s'est abattu sur une foule festive et multi-générationnelle qui dansait avec une batucada sur un champs à côté des Fosses Noires.
Cette attaque ainsi que celles extrêmement brutales qui ont suivi immédiatement autour de la maison de la Grée et au carrefour de la Saulce ont provoqué de très nombreuses blessures. L'équipe médic fait état de plus de 80 blessés.
Le bilan de 17h45  (non exhaustif et sous-évalué du fait des difficultés de circulation sur la zone empêchant d'atteindre tous les blessés) fait état de 15 blessures au Flashball, dont une grave au visage; 16 blessures suite à des tirs tendus de grenades lacrymogènes à la tête. Il y a aussi eu 22 blessures liées à des explosions de grenades : une quinzaine liées à des éclats, y compris à la gorge, et avec des séquelles suspectées au niveau des tendons et des nerfs. Par ailleurs, des troubles auditifs liées aux explosions de grenade F4 tirées à l’aveugle sur les gent.te.s ont été constatées, ainsi que plus de 12 blessures diverses à la tête, certaines touchant l’oeil. Une personne gravement blessée a dû être évacuée par des aides-soignant.e.s dont le véhicule a été bloqué pendant plus de 30 minutes, avant d’avoir accès au SAMU, sans que les soignant.e.s soient autorisé.e.s à revenir vers le QG medic. Trois journalistes ont été blessés après avoir été délibérement visés.
La préfecture a aussi fait le choix de couper l'électricité dans les maisons en dur encore laissées debout, autour des habitats attaqués. Une femme enceinte et deux enfants en bas âge sont ce soir privés d'électricité.
Une question est ce soir sur toute les lèvres, dans les lieux encore debouts dans le bocage, dans les foyers des centaines de milliers de personnes dans ce pays pour qui la zad représente toujours un espoir : jusqu'où le gouvernement Macron ira-t-il ?
Cet après-midi dans la foule prise en étau entre des rangs de policiers, il était clair pour tous que l'Etat serait désormais prêt à tuer pour finir son opération.
Ces chairs blessées, ces morts possibles dans l'acharnement policier sont désormais le prix que l'Etat macronien est prêt à payer pour ne laisser aucune place à un espace d'expérimentation collective, pour enrayer la solidarité. Nous continuons à exiger la fin des expulsions et des violences policières. Nous n'avons d'autres choix que de continuer à défendre nos vies ici et nos maisons sur le terrain. Il est incompréhensible de prétendre vouloir, comme l'a fait aujourd'hui encore la préfète Nicole Klein,  un retour au dialogue tout en menant une telle opération d'éradication. La zad est meurtrie mais la zad est encore debout.

Mercredi 11 avril, 16h52. La zad résiste toujours alors qu'elle est cet après-midi encore attaquée sur plusieurs points, avec plusieurs nouvelles destructions de maisons. Les expulsions ont repris en plein pique-nique avec des centaines de personnes de tous âges. Les attaques de la police ont fait de nombreux blessés.
Appel à rassemblements et actions de protestation partout ce soir et grands rendez-vous ce week-end à Nantes et sur la zad.
- samedi 14 -  manifestation contre les expulsions de la zad à Nantes - rendez-vous 16h30 place du cirque
- dimanche 15 - convergence sur la zad le dimanche pour répondre
sur le terrain à l'opération d'expulsion
Pour rappel sur les derniers faits de cet après-midi :
Alors qu'un pique-nique rassemblait ce midi des centaines de personnes venus de toutes la région  sur le "camp des cheveux blancs", les gendarmes ont violemment gazé et envoyé des grenades sur la foule joyeuse et multi-générationnelle réunie sous le soleil au son de la musique. De nombreux blessés sont à compter sur des personnes de tous âges.
Simultanément, ils sont en train de se déployer en nombre impressionnant et d'attaquer deux nouvelles zones : d'une part autour du lieu d'habitation "la Grée", maison historique de la zad; et d'autre part aux alentours du carrefour de la Saulce, entouré de
nombreux habitats.

Mercredi 11 avril, 16h. Alerte - Les expulsions sur la zad reprennent en plein pique-nique
Alors qu'un pique-nique rassemblait ce midi des centaines de personnes sur le "camp des cheveux blancs", les gendarmes ont violemment gazé et envoyé des grenades sur la
foule joyeuse et multi-générationnelle réunie sous le soleil au son de la musique. De nombreux blessés sont à compter sur des personnes de tous âges.
Simultanément, ils sont en train de se déployer en nombre impressionnant et d'attaquer deux nouvelles zones : d'une part autour du lieu d'habitation "la Grée", maison historique de la zad; et d'autre part aux alentours du carrefour de la Saulce, entouré de
nombreux habitats.

Mardi 10 avril, 18h35. L'équipe medic nous fait part d'un bilan non exhaustif de cette journée très tendue. Au moins une trentaine de personnes ont été traitées au point medic du Gourbi, tandis que des équipes mobiles ont pris en charge des blessures légères qui n'ont elles pas été comptabilisées. 2 personnes blessées gravement ont dû être évacuées pour être hospitalisées, et 4 personnes ont été traitées pour des blessures jugées sérieuses.
La plupart des blessures ont été causées par des éclats de grenades désenclerclantes (dont au visage ou au thorax), des tirs de LBD (là encore au niveau thoracique), et des tirs tendus de gaz lacrymogènes. Cette liste ne prend pas en compte l'exposition au très très nombreux gaz lacrymogènes qui ont été tirés toute la journée.
Par ailleurs depuis la fin d'après midi, de nombreux tirs de grenades GLI-F4 (qui avaient par exemple causé la blessure très grave au pied d'un manifestant à Bure en août dernier) ont été remarqués . L'équipe medic signifie sa vive inquiétude pour les jours à venir.

Mardi 10 avril, 16h26.  mercredi 13h - grand pique-nique de protestation sur la zad - entre les fosses noires et les vraies rouges.
Nous appelons à un grand pique-nique de protestation face aux expulsions et démolitions en cours sur la zad de lieux de vie et projets agricoles ou autres. Ce pique-nique aura lieu ce mercredi à 13h sur le camp des cheveux blancs. Cet espace d'accueil pour les "jeunes de tous âges" est situé juste à côté du jardin Rouge et Noir, projet maraîcher, de la cabane des plantes médicinales et des vraies rouges, un des plus vieux regroupements d'habitat autoconstruit de la zad. Tous ces espaces sont menacés de destruction depuis deux jours, comme pleins d'autres lieux de la zad qu'il est encore temps de sauver. Il faut que César 2 s'arrête.
Regroupons nous ! Parlez autour de vous de ce pique-nique, amenez vos ami.e.s, un repas à partager et pourquoi pas un peu de ravitaillement à laisser sur place.

Mardi 10 avril, 16h23. Contenu de la conférence de presse tenue cette après-midi à 14h par une trentaine de personnes représentant les diverses activités agricoles, para-agricoles, artisanales et culturelles sur la ZAD. Communiqué - déclaration des porteurs  d'activités agricoles et autres de la zad face aux expulsions en cours.
Aujourd'hui, à la Rolandière, nous étions une trentaine de personnes représentant les diverses activités agricoles, para-agricoles, artisanales et culturelles sur la ZAD. Nous avons porté un message collectif pour répondre aux contre-vérités répandues depuis hier par ceux qui nous expulsent. Nous avons des projets extrêmement divers dans leurs formes mais nous sommes absolument solidaires, d'autant plus quand la préfecture essaie de nous diviser par des chantages à la destruction de nos activités et lieux de vie.  
Hier, la ferme des cents noms a été détruite. Ce matin encore, les gendarmes cherchaient à s'attaquer au grand potager collectif des Rouge et Noir et au jardin de plantes médicinales qui le jouxte. Aujourd'hui toutes les activités et les habitations de la zone sont menacées. Le gouvernement a fait le choix d'interrompre le dialogue, de militariser
la zone, de venir détruire avec des tractopelles, des blindés et des milliers de gendarmes mobiles l'espoir qui a été semé sur les terres de Notre-Dame-des-Landes.
Pourtant, depuis plusieurs semaines, un processus de dialogue et de négociation avait été engagé par l'intermédiaire d'une délégation commune du mouvement. Celle-ci avait affirmé aux pouvoirs publics notre volonté d'engager un processus de mise en conformité et de régularisation de nos activités et habitats sur la zone. Elle avait engagé un certain nombre de démarches en ce sens.
Suite au rendez-vous de la délégation commune avec Lecornu, une demande de rendez-vous collectif a été envoyée au Directeur de la Mutualité Sociale Agricole de Loire Atlantique. Une copie de ce recommandée a été adressée bien entendue à Nicole Klein. Ironie du sort, cette lettre au nom de l'association pour un avenir commun dans le bocage était co-signée par un jeune paysan-éleveur des cent noms. Contrairement à ce
qu'à prétendu hier la préfecture pour justifier la destruction, celui-ci avait une activité déclarée sur le troupeau !
Puis, le 28 mars dernier, lors de la dernière rencontre de la délégation commune avec la DDTM, le mouvement avait exigé un nouveau rendez-vous au plus vite - avant l'intervention annoncée. A l'ordre du jour : soumettre à examen et à discussion une proposition de Convention d'Occupation Précaire collective, présenter le travail en cours sur la constitution d'une coopérative d'activités rassemblant à la fois des exploitants
individuels et des activités collectives, des activités implantées de longues dates et d'autres qui ont germées des possibilités offertes par l'abandon du projet.
Ces dernières semaines, un certains nombre de projets d'activités qui ne disposaient pas d'existence légale, ont constitué des associations loi 1901. Toutes les activités sont imbriquées et interdépendantes, tant sur le plan agronomique (rotation des parcelles) que sur celui de la mise en commun d'outils, de l'entraide et des chantiers collectifs.  
Durant toutes ces rencontres, la délégation commune a exigé du temps pour permettre un dialogue serein. Le gouvernement, avec cette opération militaire, est dans une stratégie de tri, de chantage et de nettoyage de la zone que nous refusons. Dans le contexte d'une telle intervention, il est impensable de signer des Conventions individuelles, alors que des lieux peuvent être détruits à tout moment. La préfecture ment quand elle prétend que des démarches solitaires auraient été entamées en ce sens.
Personne ne l'avait fait car l'ensemble des projets agricoles, para-agricoles et artisanaux de la zad avaient décidé de défendre l'hypothèse d'une convention collective.
Pour que le dialogue reprenne, il faut que les expulsions cessent. Si la préfecture s'enferme dans une logique de répression nous devrons continuer à résister pour défendre les différents lieux de vie de la ZAD. Nous nous savons épaulés depuis hier par un nombre croissant de personnes et d'organisations de toute sorte. Nous appelons dès à présent tous nos soutiens à nous rejoindre pour un pique nique à 13h demain
mercredi 11 avril sur le camps des cheveux blancs, entre les fosses noires et les vraies rouges, sur la zad.

Mardi 10 avril, 7h36. Ce matin, presque une centaine de camion de gendarmes mobiles, blindés, tractopelles reviennent sur la zad semer leur travail de destruction.

Plusieurs lieux de vie et projets agricoles semblent aujourd'hui immédiatement dans les viseurs de la préfecture : la Chèvrerie une maison magnifique déjà reconstruite après César en 2013 avec ses mosaïques et ses mur en terres chaux.

La maison des vraies rouges un des plus vieux groupement d'habitats auto-construit en terre-paille ou en bois de la zad avec son espace collectif sur deux étages.

Les vraies rouges abritent aussi le jardin rouge et noir, projet maraîcher avec ses serres et le champs médicinal avec sa cabane de séchage et de transformation. Le jardin rouge et noir est un espace agricole emblématique qui alimente le marché de la zad ou et des luttes, projets associatifs, et migrants. Le jardin rouge et noir fonctionne par chantier collectif hebdomadaire ouverts qui permettent à un grand nombre d'habitant de la zad et voisin de se réapproprier des savoir-faire maraîchers. Il s'organise avec le soutien des agriculteurs de COPAIN 44.

De nombreuses personnes se rendent sur place pour les défendre et se rejoignent au camps des cheveux blancs. Des barricades ont été érigées. Les habitants de la Chèvrerie comme d'autres lieux, ont se sont nommé et identifiés à la préfecture et AGO-vinci. La préfecture le nie et s'apprête à les expulser illégalement et sans procédure nominative comme les autres.

Lundi 9  avril, 18h28. Communiqué de la Confédération paysanne. Notre-Dame-des-Landes : une évacuation destructrice de projets agricoles et de lieux de vie

Hélicoptère, véhicules blindés, lacrymogènes et 2500 nervis sur place... L'État est en train de déployer, depuis cette nuit, sur une commune rurale de Loire-Atlantique, l'équivalent de près de 50 % des effectifs humains qu'elle a engagés dans ses opérations extérieures militaires à l'Etranger (source ministère des armées – opérations extérieures 2018 : 5 800 personnes engagées).

De quoi le Ministre de l'Intérieur veut-il nous protéger ? Atelier bois, fabrique de pâtes et de bière artisanale, création d'un élevage laitier, implantation de cultures maraichères, projets culturels, démarrage de production ovine, boulangerie, atelier mécanique, troupeau collectif bovin allaitant, production de plantes médicinales... sont autant de projets déjà existants sur place. Aujourd'hui, des paysannes et paysans en devenir ou en place se font expulser, ce qui est inadmissible !

La Confédération paysanne soutient tous les projets agricoles, ceux de transformation alimentaire ainsi que les initiatives qui concourent à expérimenter de nouvelles façons de faire en milieu rural autour de l'agriculture. Elle condamne donc l'opération inacceptable qui est en cours et dénonce le double discours de l'État, avec un Ministre qui dit vouloir faire de NDDL un lieu de « développement du bio » et une préfète qui dit vouloir de la concertation.  C'est tout le contraire qui est à l'œuvre !

La Confédération paysanne appelle à protester partout en France pour dénoncer la destruction de projets agricoles et de lieux de vie dans la Zone Agricole en Développement de Notre-Dame-des-Landes.

Lundi 9  avril, 17h55. APPEL À MOBILISATION DU "COPAIN 44".
Comme vous le savez sans doute, une opération policière est en cours sur l’emprise de l’aéroport abandonné de Notre Dame des Landes.Nous souhaitons,  comme beaucoup d’organisations impliquées dans ce dossier, que la route 281 puisse être rendue à la circulation normale au plus vite.
Depuis le 17 janvier, nous avons largement œuvré pour que des contacts constructifs et apaisés puissent se nouer entre les différents acteurs de ce dossier. Nous avons obtenu des espaces de discussion avec l’Etat et les collectivités qui nous laissaient optimistes quant à un retour à la légalité sur ce territoire.
Hélas, aux dernières nouvelles de l'opération en cours, des projets agricoles sont aujourd'hui la cible de destruction. (cf. exemple des 100 noms*)
Cela nous laisse entrevoir un risque de fort durcissement des positions alors que la situation aurait pu se régler de manière plus apaisée.
Une  intervention des forces de l’ordre sur les lieux de vie nous semble dangereuse et inappropriée à ce stade et risque de compromettre les discussions en cours sans apporter de réelles solutions.
LE DIALOGUE DANS DES CONDITIONS APAISÉES, EST ACTUELLEMENT LA SEULE VOIE QUI PERMETTRA LE RÈGLEMENT LE PLUS RAPIDE ET LE PLUS COMPLET DE CE DOSSIER.
Nous continuerons à nous mobiliser dans cet état d’esprit au service des citoyens et des habitants de ce territoire.
EN FONCTION DES ÉVÉNEMENTS DE LA JOURNÉE, NOUS VOUS INVITONS À
REJOINDRE LES RASSEMBLEMENTS PRÉVUS POUR FAIRE SAVOIR NOS DÉSACCORDS.
LE RESPECT DES PERSONNES ET DES BIENS RESTE BIEN ÉVIDEMMENT NOTRE
PRÉOCCUPATION. NOUS SOUHAITONS QUE L'ETAT EN FASSE DE MÊME.

*EXEMPLE DES 100 NOMS : Le site des 100 noms habité depuis plus de 5 ans, développe un projet agricole porté par un jeune agriculteur ingénieur agronome. Il est déjà déclaré porteur de projet à la chambre d’agriculture. Ce projet est réparti en 2 volets autour de l’élevage ovin : un premier en brebis laitière avec transformation fromagère. Un bâtiment de 430 m² a déjà été construit (et aujourd’hui détruit). Un 2ème projet associatif de production de brebis viande destiné à la formation pour la conduite de troupeaux, l’écopaturage, le sylvopastoralisme et la valorisation des pâturages humides. Le projet s’appuie sur des terres occupées depuis 5 ans et ont la potentialité de se développer avec des fermes mitoyennes à reprendre pour atteindre 45 ha. L’ensemble de ce projet est pensé dans l’objectif de la mutualisation des moyens de production. Ce lieu était aussi un lieu de vie regroupant plusieurs habitants déclarés par 3 fois auprès de la préfecture comme résidents à cet endroit.

Lundi 9  avril, 17h54. L'après-midi se finit dans un bocage asphyxié par les gaz lacrymogènes après déjà de longues heures de résistance face à la destruction d'habitats et fermes de la zad. Au moins 9 lieux de vie collectifs ont péri, avec leurs divers habitats particuliers brisés, leurs ateliers en
miettes, leurs jardins piétinés : planchettes, planchouette, lama fâché, noue non plu, youpiyoupi, jessie james, phare ouest, chèvrerie, 100 noms...
L'invasion policière a trouvé face à elle diverses formes de résistance:  barricades, barrages de tracteurs, mêlées, personnes se hissant sur les toits, chantant, se tenant dans les bras. Dans les champs, face aux gendarmes mobiles et à leur machines de morts, on trouvait des anciens, des jeunes, des voisins, des paysans, des occupants, des camarades de partout. 6 des soutiens mobilisés sur place ont été blessés et 7 personnes arrêtées. Malgré la disproportion des forces en présence, l'absolue supériorité militaire des gendarmes, un peu de ruse et d'imagination a suffi à mettre deux fois le feu à leurs machines. Le dieu de la boue en a embourbé une autre.
A chaque maison expulsée, brisée par les mâchoires des tractopelles, c'est un pan de la vie ici que l'Etat cherchait à éradiquer, et un pan ferme de colère qui se soulevait en nous. Une colère qui s'est diffusée toute la journée à tous ceux qui scrutaient de plus loin ces événements sans avoir pu encore se rendre sur place. Ils seront désormais de plus en plus nombreux dans les prochains jours si l'opération continue. Ils reviendront en masse pour ne pas laisser sans habitat ceux que l'Etat a cru aujourd'hui expulser du bocage...
La destruction du hangar, des serres et de la bergerie des 100 noms, l'évacuation de ses ânes et de ses moutons a achevé de dévoiler l'hypocrisie absolue de la préfecture, y compris sur sa prétention affichée à conserver les projets agricoles. La préfete en profite pour appuyer sur un chantage abject  à propos des autres lieux abritant des projets agricoles : abandonnez la vision collective maintenant ou vous connaitrez le même sort et les mêmes destructions. La maison des vraies rouges, les jardins maraîcher et médicinal du Rouge et Noir, et bien d’autres pourraient bien être en ligne de mire demain. En ce qui concerne cette ferme, un référé pour voie de fait va être déposé par Me Hurriet à l'encontre de la Préfecture. Les habitants des 100 noms s'étaient en effet identifiés auprès d'AGO-VINCI et de la préfecture dès 2013, puis de nouveau en 2016 et en 2018. AGO-VINCI l'ont sciemment ignoré et ont bafoué le droit de la manière la plus grossière en refusant de les laisser accéder malgré tout à une procédure nominative d'expulsion. Aujourd'hui encore, l'huissier qui accompagnait l'expulsion de ce lieu a refusé de les laisser accéder au jugement d'expulsion et de leur donner son nom.
Toute la journée de nombreux soutiens se sont déjà manifestés : communiqués et appels de diverses organisations (Sud Rail, Greenpeace, etc), occupation de la mairie à Forcalquier, rassemblements partout en France.
Demain, l'Etat annonce la poursuite des expulsions et de sa volonté d'éradication de l'expérience de la zad. Il faudra les empêcher, s'enraciner, rester. Nous appelons tous ceux qui peuvent à se rendre sur place dès l'aube pour leur faire obstacle. Nous appelons à des mobilisations et réactions déterminées partout ailleurs en France.
La zad restera !

Lundi 9  avril, 12h03. Ce matin, nn nombre de lieux de vie de la Zad de Notre Dame des Landes ont été expulsés, certains, tels que Lama Faché, ont été détruits.
Ces expulsions sont toujours en cours, tandis que l'huissier refuse de montrer l'ordonnances autorisant l'intervention. Sur au moins un des lieux, l'ordonnance en question est anonyme alors que des habitants du lieu s'étaient nommés sur ce lieu de vie depuis 2013. Ne pas produire de document entrave la capacité à nos avocats de faire des recours et révèle une fois de plus la vacuité de la prétention de Mme la préfète a conduire cette opération dans le respect du droit et du discernement.
Les habitants ont eu quelques minutes seulement pour quitter les lieux ou voir les forces de l'ordre intervenir.

Lundi 9  avril, 7h15. Communiqué - Les expulsions ont commencé, la zad appelle à se mobiliser
Conjurée des années durant par le mouvement, une nouvelle tentatives d'expulsions sur la zad de Notre dame des landes a commencé. Dès 3h du matin, l'opération s'est déployée dans toute sa brutalité: interminables files de fourgons bleu marine, chars blindés, lacrymos, premiers blessés et premières arrestations. Les gendarmes ont annoncé que les journalistes étaient strictement interdits "sur tout le dispositif" et leur ont bloqué l'accès au site. Ils ont affirmée que la prise d'images de presse était prohibée et que les médias devraient se contenter de celle fournies par la gendarmerie.
Ces expulsions confirment la prétention du gouvernement à rétablir le droit tout en s'asseyant grossièrement dessus. La préfecture n'a même pas daigné laisser la possibilité aux habitants de la zad d'avoir accès aux bases minimales du droit au logement, en l'occurence des procédures nominatives et contradictoires en cas de volonté d'expulsion. Les
habitants de la plupart des lieux de la zad s'étaient pourtant nommés et identifiés à plusieurs reprises au cours des dernières années. 
Le double jeu lamentable de la préfecture s'affiche aujourd'hui dans toute son hypocrisie : l'annonce de la recherche d'une évolution
"sereine et apaisée de la situation" tout en envoyant 2500 policiers ici raser des habitats. On nous annonce un tri qui va s'opérer selon des catégories qui sont de pures fictions qui ne répondent un rien d'autre qu'aux besoins du story telling répressif dans lequel le gouvernement s'est enfermé. Il n'y pas ici de radicaux d'un côté et de paysans de l'autre mais un ensemble de façons entremêlées de partager ce territoire. Contrairement à ce qu'affirme Gérard Collomb, personne ne s'est d'ailleurs régularisé individuellement ces dernières semaines au dépend des autres. L'ensemble du mouvement a proposé un cadre de convention collective pour l'ensemble des habitants et projets.
Mais le gouvernement ne pouvait pas simplement admettre que le projet d'aéroport était inutile, il fallait absolument qu'il se venge de ceux qui l'avaient forcé à cet abandon. La terre se meurt, les formes économiques les plus brutales atrophient nos vies, et partout des personnes aspirent à sortir cet état de fait. Elles étaient 30 000 le 10
février à s'engager à soutenir l'avenir de la zad. Mais Le message politique du gouvernement est ce matin très clair : il ne devra être laissé aucune possibilité à des espaces d'expérimentation.
Notre colère est ce matin profonde face au lamentable gâchis que représente la destruction engagée des maisons et espaces de vie que nous avons construits ici. Notre émotion est grande à l'idée que l'expérience collective de la zad soit mise en danger par le déferlement policier. La
zad ne disparaîtra pas pour autant. Nous habitons ici, nous sommes enraciné.e. s à ce bocage, nous ne partirons pas. Nous saluons le courage des personnes qui nous ont déjà rejoint.e.s sur le terrain et ont répondu aux appels. En 2012, l'arrogance écrasante de l'Etat a fini par se retourner contre lui. Dans un contexte de montée des grèves,
manifestations, occupations dans tout le pays, gageons que l'expulsion de Notre Dame des Landes deviendra un nouveau moteur de révolte qui se diffuse. Cette opération de destruction se retournera contre ses auteurs.
Nous appelons toutes celles et ceux qui peuvent nous rejoindre dès maintenant ou dans les prochains jours à venir sur la zad. Plus de 80 rassemblements sont d'ores et déjà prévus partout en france ce soir, à Nantes et Rennes à 18h entre autres. La réponse face à ces expulsions se trouvera aussi dans la durée. Une manifestation est appelée à Nantes ce
samedi et une convergence sur la zad ce week-end.

Lundi 9  avril, 3h00. Les expulsions ont commencé sur la zad de Notre-Dame des Landes (source Zad)

Dimanche 8 avril. Une centaine de syndicalistes, intellectuels, militants, chercheurs publient dans Mediapart une tribune "En défense de la zad et pour la convergence des luttes contre Macron et son monde".

Site de la Zone à défendre:  ICI

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