PESTICIDES

La parole des empoisonné-e-s

Alors que l’Union européenne peine à s’accorder sur l’interdiction de l’herbicide le plus vendu dans le monde, les victimes des pesticides ont le courage de faire entendre leur voix avec la parution des actes d’un colloque consacré à leur calvaire. Colloque à l’initiative de députés européens. Edité par GLOBAL, le livre met chacun de nous en face de la vérité : dans pesticide il y a « -cide », ce suffixe signifiant « qui tue » permet, sous le couvert d’une touche technique, de qualifier les produits tueurs d’herbes, de mousses, d’insectes, d’acariens, de limaces, de souris, d’animaux jugés "ravageurs" ou "nuisibles". « -Cide » c’est le tueur de vivant. Les témoignages prouvent que le carnage ne s’arrête pas au végétal et à l’animal : les pesticides sont humanicides.

La lecture des actes de ce colloque, premier du genre dans l’enceinte politique européenne, suffit à convaincre du caractère non accidentel de la pollution de notre environnement par les pesticides et ses conséquences sanitaires dramatiques. Derrière la précision du vocabulaire médical – cancers non hodgkinien, leucémie myéloïde, fibromyalgie, cancers hormono-dépendants, cancers du rein,  infertilité, autisme, malformations congénitales, sensibilité chimique multiple et chronique – se cachent des morts innombrables, des agonies sur des années et l’impressionnante cohorte des mutilé-e-s, à la vie gâchée et inexorablement écourtée. Quand on y réfléchit, lequel ou laquelle d’entre nous n’a pas été surpris par l’apparition croissante de cancers chez ses proches, enfants compris ? Nous savons tous au fond de nous que nous sommes cernés par des maux invisibles sans pour autant pouvoir en désigner précisément la source, c’est la force des empoisonneurs. Il n’y a pas un seul poison mais des centaines ! Des centaines qui se déposent en strates sur nos peaux, pénètrent nos poumons, voyagent avec les aliments que nous ingérons, l’eau que nous buvons et nous infectent. Ils se recombinent entre eux au hasard de nos malchances; des centaines de molécules létales brisent des liaisons différentes au cœur de cellules différentes. D’où la difficulté pour les praticiens non formés à identifier le mal. Multifactoriel ! Le mot coule des bouches coupables comme l’eau sur les mains de Ponce Pilate. Le mal est multifactoriel, c’est l’argument brandi par les fabricants pour se blanchir de toute responsabilité à l’égard des victimes de pesticides, les « phytovictimes ». Il faudra bien un jour, juridiquement faire la peau au multifactoriel dans cette affaire. Car en vérité, le multifactoriel s’aligne en noms de produits biocides à longueur de catalogue des Monsanto, Bayer, Syngenta, BASF, DuPont et consorts !

Regarder l’histoire en face

La somme des publications scientifiques concernant l’impact des pesticides sur la santé suffit à comprendre l’erreur monumentale, historique, de leur utilisation. En cette époque où une information chasse l’autre, où le temps de faire et défaire une fortune se compte en nanosecondes à la Bourse, prendre un peu de distance éclaire la persistance à poursuivre l’utilisation des pesticides et l’aveuglement feint sur leur dangerosité.

Jusqu’à la Première guerre mondiale, les paysans luttaient contre les « ravageurs » avec des produits tirés de plantes ou de minéraux. Produits déjà passablement dangereux (arsenic, cuivre, plomb, zinc, nicotine, pyrètre, rothénone, …). Miroir de l’essor industriel de l’Occident, la guerre de 14-18 fut le laboratoire des premiers gaz de combat dont on a l’écho mortel encore aujourd’hui en Syrie. Ces gaz étaient fabriqués par synthèse chimique, procédé qui n’a fait que s’amplifier au fil des ans. Ainsi, la paix revenue, l’ypérite et le phosgène, biocides de 1914-18, devinrent des pesticides civils. Tout comme le Zyklon B des chambres à gaz nazies, le DDT, le malathion mis au point pour la Seconde guerre mondiale. Idem pour le sinistre « agent orange », défoliant[1] fabriqué par Dow Chemical et Monsanto pour martyriser les Vietnamiens. Le passage au civil de ces produits s’est fait par les industriels qui les avaient fabriqués. Stocks à écouler, nouveau marché des agricultures en reconstruction. Argent à prendre, y compris dans la poche des militaires car l’industrie chimique n’a jamais cessé les recherches chimiques et bactériologiques à des fins guerrières, la récente guerre du Golfe l’a prouvé. Finalement, l’industrie des pesticides n’est qu’une perpétuation de la guerre au vivant commencée avec les guerres mondiales.

Progrès létal

Le « progrès » tant brandi par les marchands de pesticides vient donc de la guerre, laboratoire de la mort par excellence. D’ailleurs, le mot porte en lui son message létal : apparu dans les années 1940 dans la langue anglaise, « pesticide » vient des termes latins « caedere » (tuer) et « pestis » (fléau). Dès 1943 au Mexique, puis en 1963 en Inde, la Révolution verte[2] s’appuya sur l’usage massif des engrais et pesticides de synthèse et la mécanisation. Puis, cette révolution a déferlé des Trente Glorieuses à nos jours, bâtissant sur le mensonge technique une mythologie du progrès qui tourne le dos aux savoirs agronomiques avec pour seul but celui de réduire l’agriculture à une fonction d’achat d’intrants et de machines pour les épandre. C’est ainsi que se fomenta la soumission des paysans au marché industriel mondial et que débuta la destruction d’un des plus vieux métiers du monde.

Désinformation et lobbying

Dès 1962, dans son livre « Printemps silencieux », la biologiste américaine Rachel Carson (décédée d’un cancer deux ans plus tard, à 56 ans) alerta sur la dangerosité des pesticides et préféra les nommer « biocides » c’est à dire « tueurs de vie ». Le livre fut traduit en français l’année suivante. Cinquante cinq ans ont passé. Nous devrions donc savoir depuis longtemps la vérité sur l’impact des pesticides, en premier chef leurs fabricants. En fait, ces derniers escamotèrent le problème en désinformant massivement et, quand cela ne fut plus crédible, quand par trop d’évidences mortelles, des produits comme le DDT furent interdits … ils continuèrent en prétendant avoir trouvé de nouvelles molécules sans danger persistant.

Depuis plus d’un demi-siècle, le lobby de l’agrochimie n’a cessé de désinformer. Pour ce faire il se structure Il s’organise en autant d’organisations que les circonstances l’exigent. Ce peut être la construction d’un réseau mondial de contrôle de la recherche agronomique comme le CGIAR[3]; une organisation représentant la profession auprès des pouvoirs publics telle l’UIPP[4] ; un institut scientifique comme l’ILSI[5] dont les « commandos spéciaux » planétaires rédigent des fiches techniques et des argumentaires présentables aux comités d’évaluation scientifiques, aux responsables politiques et aux journalistes; des programmes de recherche comme Entransfood[6] qu’ils font financer par l’argent européen ; une association comme Europabio[7] (on notera la duplicité du nom) pour promouvoir les biotechnologies dans tous les domaines, agriculture comprise car les OGM sont la voie choisie pour continuer à vendre des pesticides. Enfin, l’industrie agrochimique infiltre ses propres soldats dans les organismes d’expertise sanitaire, dans les comités consultatifs, dans les équipes politiques, multipliant les conflits d’intérêts.

Les mensonges commencent par le langage employé et ce qu’il suscite dans l’imaginaire: les agrochimistes parlent aujourd’hui de « produits phytopharmaceutiques », expression induisant un « soin des plantes » dont les paysans peuvent s’enorgueillir. Ils joueraient ainsi au docteur dans leurs champs et étables. Rien de tel que de donner au client l’impression de remplir une mission qui le pare d’un nouveau savoir technique et le hausse sur l’échelle sociale. Et surtout pas un mot sur l’extermination des indésirables, cela pourrait attendrir, ni sur l’anéantissement de la vie des sols, ni sur celui des colonies d’abeilles domestiques et sauvages.

Désinformation toujours avec le discours sur les « bonnes pratiques », qui exonère la responsabilité du fabricant et du vendeur pour faire peser l’empoisonnement sur l’utilisateur qui, bien sûr, n’a rien compris au mode d’emploi, à part ça le produit est inoffensif. 

Fiction des « bonnes doses au bon moment » comme s’il y avait un bon moment pour s’empoisonner.

Tromperie encore sur la rémanence qui voit des produits actifs pendant des mois et des années, se recombiner avec les dizaines de traitements successifs, polluant sols et nappes phréatiques.

Rétorsions (perte d’emploi, perte de crédits de recherche) et calomnies pour les scientifiques qui ont le courage de prouver l’impact sanitaire des pesticides.

Mensonge par omission de la composition chimique exacte des pesticides au nom du secret industriel, ce qui permet de masquer les solvants et les adjuvants qui dynamisent le produit et le rendent efficace.

Communication manipulatrice qui met en avant l’utilisation de doses de plus en plus réduites, ce qui induit que l’on maltraiterait moins la nature et la vie, alors que les produits sont simplement de plus en plus puissants… et on en épand toujours plus. Messieurs Monsanto-Bayer, quelle est la différence entre mourir d’une grosse ou d’une petite dose ?

Faribole de la « bonne dose au bon endroit » quand on sait qu’une molécule agit en une cascade de réactions sur l’ensemble d’un organisme vivant, voire qu’elle affecte l’ADN, la première brique du vivant, commune à tous. Que cet organisme – plante indésirable, insecte, ver, petit rongeur – fait partie d’une chaîne alimentaire qui sera irrémédiablement infectée.

Mensonge encore et toujours avec les modifications génétiques -reconnues ou cachées – qui transforment les végétaux en réservoir à pesticide.

Nul ne peut nier le caractère prémédité de telles stratégies de communication visant à faire croire qu’un pesticide mortel par définition est fait pour soigner des gentilles plantes contre des vilains ravageurs et est sans effet sur la vie humaine. C’est un acte volontaire de désinformation dont il faudra bien un jour que les responsables individuels et moraux rendent compte devant un jury d’assises national ou un tribunal pénal international. Les coupables ne sont pas nombreux et identifiés, car par le jeu des fusions-acquisitions, ils ne sont que quatre à contrôler le marché mondial : Bayer-Monsanto, Syngenta-ChemChina, Dow Chemical-Dupont, BASF.

Passer en force

Comment en sommes-nous arrivés là , à cet empoisonnement continu de l’espèce humaine par ses propres soins (on ne développera pas ici l’étendue du crime sur la biodiversité domestique et sauvage) ? A l’évidence, la doctrine du progrès chimique et technique s’est imposée autoritairement à tous, dans l’assentiment général … ou la soumission. Pour les paysans, pas d’accès à la terre, à l’emprunt, au marché, sans preuve d’adhésion au modèle agrochimique. Pour les salariés fabricants ou utilisant les pesticides, la peur du licenciement règne en maîtresse sur leur destin. On soulignera la brutalité inouïe d’un système socioprofessionnel qui terrifie les êtres humains au point de les contraindre à accepter chaque matin d’aller s’empoisonner en pointant à l’usine. Ou la force d’imprégnation de l’idéologie technique qui envoie des paysans à la mort, au volant de leur tracteur, avec pour argument de les délivrer de l’angoisse d’une possible attaque de leurs cultures par des mousses ou des insectes. Enfin, quel stade de décervelage collectif, de segmentation des pensées et des vies avons-nous atteint pour que les citoyens ne relient que rarement à leurs effets secondaires nocifs les produits qu’ils utilisent au jardin, sur leurs animaux de compagnie, sur les cheveux de leurs enfants ?

Démission politique et complaisance des Etats

On peut comprendre que l’éblouissement consumériste des Trente Glorieuses ait aveuglé les responsables politiques, qu’ils n’aient pas voulu entendre l’alerte de Rachel Carlson et même qu’ils n’aient pas voulu regarder la vérité en face. Mais trois générations plus tard, force est de constater que la constance avec laquelle les politiques soutiennent l’agrochimie relève d’une pathologie grave de la démocratie. Comment ne pas voir la main du lobby agrochimique derrière les règles d’expertises des produits où leur formulation est tenue secrète !? Derrière les atermoiements techniques et juridiques visant à prolonger la vente de produits reconnus cancérigènes et reprotoxiques depuis des années ? Derrière les mêmes arguments, au mot près, dans la bouche des politiciens et sous la plume des journalistes, pour vanter les progrès des pesticides de synthèse et leur nécessité, copies conformes de dossiers fournis par l’agrochimie ? Dans la schizophrénie de l’enseignement agricole qui professe l’agro-écologie dans un cours et les bienfaits des pesticides dans un autre !? Dans l’évacuation de leur impact[8] sur le réchauffement climatique ? Dans la mauvaise volonté institutionnelle à traiter et reconnaître les maladies provoquées par les pesticides, mauvaise volonté soulignée par les intervenants du colloque, car reconnaître les maladies c’est non seulement indemniser les survivants mais c’est aussi inscrire dans la jurisprudence le fait d’un scandale sanitaire majeur et éclairer le chemin d’un tribunal pénal.

L’Europe, recours pour réguler et protéger

Avec 75 000 tonnes annuelles (chiffre 2014), la France est lune championne européenne de la consommation de pesticides derrière l’Espagne, mais rapporté à la surface cultivée elle est 9ème (2,5 kg/ha) derrière notamment les Pays-Bas, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne. Le tonnage ne veut donc pas dire grand-chose en soi par contre quand on sait l’effort des industriels pour, à volume égal, augmenter la puissance létale de leur produit, on peut légitimement s’inquiéter d’une progression annuelle du tonnage vendu. Au total, l’Union européenne consomme près de 400 000 tonnes de pesticides par an. Sans compter les néonicotinoïdes qui enrobent les semences.

Cette prédominance de la chimie de synthèse dans notre environnement de travail et dans la vie quotidienne explique que l’Union européenne soit un foyer de mobilisation des empoisonné-e-s, comme le montre les participants à ce colloque. Ils s’organisent pour témoigner, pour la reconnaissance de leur affection en tant que maladie professionnelle et plus stratégiquement pour l’interdiction des pesticides. Ils se tournent vers les élu-e-s européens pour être défendus et pour protéger leurs collègues et aussi les générations futures. De telles démarches de rupture de l’omerta sur le sujet demandent, outre le courage de s’exposer, de pouvoir s’appuyer sur des réseaux de médecins, de juristes, de citoyens solidaires, conscients des enjeux de santé publique d’un tel combat. A contrario, pour les victimes isolées personnellement ou socialement, comme les ouvriers agricoles immigrés en Andalousie ou les saisonniers en France, il est impossible non seulement d’imaginer engager un combat mais déjà d’accéder à un diagnostic médical correct et de se faire soigner. Quand ils veulent obtenir au minimum des protections physiques à la hauteur de la nocivité des produits employés, ils sont face à l’arbitraire d’employeurs qui s’abritent sous des législations nationales permissives.

D’évidence, il est urgent que l’Union européenne fasse un geste politique fort pour protéger les travailleurs exposés aux pesticides. Elle en a les moyens en élargissant le champ de la Directive 2004/37/CE concernant « la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition à des agents cancérigènes ou mutagènes au travail » aux personnes directement ou indirectement exposées aux pesticides recensés comme cancérigènes ou perturbateurs endocriniens. L’ambition pourrait aller jusqu’à inclure la protection des espaces humains et naturels susceptibles d’être atteints par l’utilisation de pesticides (délais de retour sur une parcelle traitée, zones de non traitement…). L’Union européenne continuerait ainsi son travail pionnier dans la santé au travail et l’environnement commencé en 2004. L’agenda européen offre une opportunité d’avancer rapidement. En effet, depuis janvier 2017, la Commission européenne a lancé un travail législatif d’élargissement de la Directive 2004/37/CE pour protéger les citoyens européens de sept produits cancérigènes utilisés dans les carburants, les huiles de moteur, la fabrication de résine et aussi dans les solvants de peinture. Dans son exposé des motifs de la proposition de modification de cette Directive, la Commission européenne reconnait implicitement l'impact ravageur des pesticides sur la santé des travailleurs qui y sont exposés en ces termes:

« Au vu des estimations sur l’importance récente et future des maladies professionnelles, le cancer d’origine professionnelle est un problème et continuera de l’être du fait de l’exposition des travailleurs à des agents cancérigènes. Le cancer est la première cause de mortalité liée au travail dans l’Union. Chaque année, 53 % des décès dus à des maladies professionnelles lui sont imputés[9]. Selon un rapport de 2016 de l’Institut national pour la santé publique et l’environnement des Pays-Bas (RIVM)[10], de 91 500 à 150 500 nouveaux cas de cancer dus à une exposition à des substances cancérigènes au travail ont été diagnostiqués en 2012. Entre 57 700 et 106 500 personnes ont succombé cette année-là des suites d’un cancer lié au travail. Autrement dit, dans l’UE, sept à douze personnes meurent du cancer toutes les heures pour avoir été exposées à des substances cancérigènes sur leur lieu de travail. » La Commission se grandirait en prenant l’initiative de proposer au Parlement et au Conseil d’étendre aux pesticides la protection des citoyennes et citoyens européens.

Lutter

Lutter c’est préserver la viede nos enfants et des générations futures. Heureusement qu’il y a des révoltes et des luttes comme celles menées courageusement par les phytovictimes qui ont témoigné au colloque ! Chacune d’elles est une sentinelle de ce que nous sommes susceptibles de vivre. Les analyses des cheveux et des cordons ombilicaux des citadins éloignés des champs, des entreprises et du maniement des pesticides l’indiquent : nous sommes tous contaminés et nous sommes tous des phytovictimes en puissance. En conséquence, nous avons un devoir de solidarité totale avec ces Sentinelles dont la vie est fichue en l’air et dont le courage en remontre à bien des politiciens. Les soutenir concrètement c’est les rejoindre dans la lutte pour l’interdiction des pesticides de synthèse. C’est aussi protéger la vie de notre descendance.

Transition agricole

La situation est grave : quand la contamination s’étend - par l’air et l’eau- aux cultures bios, à la ville, à l’océan, la question des pesticides concerne tout le monde ! Il est plus que temps de cesser les tergiversations sur les doses, les heures d’épandages et les tenues de travail adéquat… Il faut dire une fois pour toutes qu’il n’y a pas de compatibilité possible entre le vivant et les pesticides de synthèse ! Il faut oser revendiquer une transition agricole qui mettra fin à l’agriculture improprement nommée « conventionnelle ». En effet, interdire les pesticides sans un plan national ou européen de reconversion de l’agriculture vers des pratiques compatibles avec la santé de tous, laisserait les paysans sur la paille, les salariés au chômage et menacerait la sécurité alimentaire. Par chance, cette transition agricole peut s’accorder avec les dynamiques de la transition énergétique, de la lutte contre le réchauffement climatique et de la protection de la biodiversité domestique et sauvage. La révision de la Politique agricole commune, inscrite au présent agenda européen, est l’opportunité pour développer cette vision stratégique rassembleuse de toute la société civile autour des paysans et des salariés de l’agroalimentaire. Le cri de vérité qui monte de ce colloque nous pousse à en faire le serment. Un serment de paix avec la vie.

 

Pesticides, un scandale sanitairele Parlement européen écoute les victimes, 100 pages, gratuit, disponible au prix des frais d’envoi (5€) - GLOBAL éditions

 

 

 

 

 



[1] Défoliant : classe d’herbicide qui s’attaque d’abord aux feuilles des arbres. Utilisé au Vietnam par l’armée américaine pour détruire la forêt où les combattants de la guerre de libération vietnamienne se réfugiaient et sur les cultures vivrières pour affamer le pays. Des millions de personnes ont été contaminés par « l’agent orange ».

[2] Révolution verte : offensive d’innovations technologiques et chimiques pour accroître la productivité agricole.

[3] Consultativ group on international agriculture research (CGIAR), cf « L’Alimentation en otage », de José Bové et Gilles Luneau-  éditions Autrement (2015)

[4] Union des industries de la protection des plantes (UIPP)

[5] International life sciences institute (ILSI), cf « Hold Up à Bruxelles » de José Bové et Gilles Luneau-  éditions La Découverte (2014)

[6] opus cité

[7] opus cité.

[8] Les pesticides sont fabriqués par synthèse chimique, principalement à partir de gaz naturel et ont à ce titre une empreinte carbone non négligeable.

[9] Estimations européennes des blessures et des problèmes de santé d’origine professionnelle, «Work-related Illnesses Identification, Causal Factors and Prevention Safe Work — Healthy Work — For Life», J. Takala, Workplace Safety and Health Institute, Singapour, présentation à l’intention de la conférence de la présidence de l’Union, Athènes, juin 2014.

[10] «Work-related cancer in the European Union: Size, impact and options for further prevention» [Cancer lié au travail dans l’Union européenne: ampleur, incidences et options pour une prévention accrue], publication sur le site du RIVM, p. 11.


 

 

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Gilles Luneau, rédacteur en chef de GLOBAL